Familiarisez-vous avec le travail de l'hydrographe responsable Scott Youngblut

Scott Youngblut, hydrographe responsable, durant l'expédition du détroit de Victoria

Questions:

Décrivez-nous le moment où vous avez appris que le navire avait été découvert.

Réponse:

Tout d'abord, on m'a appelé, sur le système de sonorisation, à venir à mon bureau à bord du NGCC Sir Wilfrid Laurier, ce qui est plutôt banal en soi.  Quand je suis entré, le capitaine en second Rich Marriott a fermé la porte derrière moi et m'a demandé de lui remettre tout mon matériel de communication par satellite. Je savais que c'était le protocole établi en cas de découverte, alors il n'a même pas eu besoin de m'annoncer que nous avions découvert l'épave.  J'étais abasourdi.  Par la suite, comme j'avais été l'un des premiers à apprendre la nouvelle, j'ai eu le plaisir de voir l'émerveillement du reste de l'équipage quand le capitaine Bill Noon a rassemblé tout le monde dans le salon des officiers pour faire l'annonce à l'ensemble du personnel.

Qui avez-vous voulu en informer en premier?

Réponse:

Une question facile : mon collègue Andrew Leyzack, qui avait dirigé des projets semblables en partenariat avec Parcs Canada à partir de 2008.  Même si j'ai eu la chance de diriger les travaux du SHC pour cette mission en 2014, j'ai toujours gardé en tête mes nombreux collègues qui ont travaillé si dur lors des efforts de recherche précédents.  En fait, après qu'on eut levé l'embargo sur l'information, la toute première personne que le capitaine Noon et moi avons appelée par satellite était Andrew, le matin de l'annonce par le premier ministre.

Comment décririez-vous le déroulement de la journée typique d'un hydrographe durant l'expédition du détroit de Victoria?

Réponse:

Le Service hydrographique du Canada a installé et utilisé des systèmes de sonar multifaisceaux à bord du NGCC Sir Wilfrid Laurier (une nouveauté en 2014), sur les navettes à levé Kinglett et Gannet (déployées presque chaque jour depuis le Laurier), et à bord du NCSM Kingston.   En 2014, l'équipe d'hydrographie à bord du Laurier était composée de six hydrographes du SHC, et appuyée par des patrons d'embarcation de la Garde côtière canadienne et par les quartiers-maîtres en service à bord du Laurier.  Ce groupe a été en mesure de recueillir des données sur un total de 4 600 kilomètres linéaires, ce qui représente 460 kilomètres carrés de fonds marins cartographiés en entier.  Une part du travail consistait à élargir les routes et les ports maritimes actuels afin d'en augmenter le « pied de pilote », c'est-à-dire les marges de profondeur sécuritaires pour le passage des navires.  En raison du mauvais état des glaces, il a été impossible pour le NCSM Kingston de pénétrer jusqu'au secteur où se déroulait principalement le projet. L'équipage de ce navire a donc été chargé de se rendre dans l'Est de l'Arctique afin d'entreprendre un effort ciblé pour collecter de nouvelles données sur les fonds marins dans un secteur de grande importance pour la sécurité de la navigation.  Dans le cadre de ces travaux, trois hydrographes du SHC ont travaillé en étroite collaboration avec le personnel de la Marine royale du Canada. Au bout du compte, ils ont arpenté 2 500 kilomètres linéaires, c'est-à-dire 650 kilomètres carrés de fonds marins entièrement cartographiés.  Cette réalisation du NCSM Kingston et de son équipage mixte dans l'Arctique est extrêmement importante pour tous les navigateurs d'aujourd'hui et de demain.

Pouvez-vous expliquer comment la technologie a été utilisée pour identifier l'Erebus?

Réponse:

Le sonar multifaisceaux – aidé par un détecteur de mouvement et un système de positionnement par satellite adéquat – est capable de générer un modèle tridimensionnel très détaillé de l'épave. Le modèle est en fait un « nuage de points », chaque point représentant un retour d'information ponctuel, ou « ping », du sonar multifaisceaux. À chaque passage de la navette du SHC équipée du sonar au-dessus du site de l'épave, le nuage de points devenait plus dense, et ses détails et ses caractéristiques devenaient ainsi plus faciles à identifier. Comme les archéologues de Parcs Canada l'ont l'indiqué, le modèle hautement précis a été essentiel au moment d'identifier l'épave comme étant celle du HMS Erebus. Ce modèle a été utilisé pour mesurer certaines caractéristiques repères de l'épave qui ont aidé les archéologues à confirmer son identité.  Il continuera d'être une ressource précieuse pour les archéologues de Parcs Canada, car ils l'utiliseront comme outil de planification pour les missions futures et comme fondation, si l'on veut, sur laquelle édifier leurs constatations.


Dans le cadre de l'expédition de 2014 dans le détroit de Victoria, Scott Youngblut était l'hydrographe responsable du Service hydrographique du Canada de Pêches et Océans Canada. Scott était donc responsable de la planification et de la direction des missions de carthographie multidisciplinaires réalisées dans l'Arctique à bord du Navire de la Garde côtière canadienne Sir Wilfrid Laurier (à l'aide des navettes VHC Kinglett et VHC Gannet) et du Navire canadien de Sa Majesté Kingston de la Marine royale canadienne.

Scott et son équipe dévouée d'experts se sont servis de technologies de pointe pour explorer les fonds marins de l'Arctique afin de recueillir et d'analyser des données sur les profondeurs de l'océan et la topographie du fond, lesquelles données ont également été utilisées pour confirmer que l'épave découverte par les archéologues de Parcs Canada sur le plancher océanique de la baie de la Reine-Maud était bel et bien le Navire de sa Majesté Erebus. Pendant l'expédition, Scott et son équipe d'experts chevronnés ont recueilli une quantité considérable de renseignements sur la bathymétrie, la topographie et les marées qui permettront d'établir des cartes hydrographiques et de renforcer la sécurité maritime dans l'Arctique canadien.

Scott travaille actuellement au Centre canadien des eaux intérieures situé à Burlington, en Ontario. Il a obtenu un diplôme en géographie de l'Université Laurentienne en 2000 et a terminé avec succès le Programme de formation professionnelle d'hydrographe multidisciplinaire du Service hydrographique du Canada. En 2007, Scott a été promu du poste d'hydrographe principal au poste d'hydrographe responsable. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il travaille sur divers projets hydrographiques qui sont réalisés dans les Grands Lacs, la voie navigable du Saint-Laurent et l'Arctique canadien.  Scott est originaire de Goderich, en Ontario. Il vit actuellement à Burlington, en Ontario.

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